Coronavirus : remède pour une société gravement malade ?

Conseils / Astuces  /   /  Par Rhay

L’épidémie de coronavirus COVID-19 qui secoue le monde en ce moment, remet profondément en cause toute la société moderne. Bien au-delà du voyage qui nous concerne ici directement, le modèle sur lequel toutes les sociétés modernes reposent se retrouve complètement mis en branle par un virus relativement faible. Cette situation alarmante donne pourtant de précieuses leçons pour l’avenir. Le coronavirus ne serait-il pas un révélateur de maux plus profond de notre société ? Comment pouvons-nous relever la tête ensemble ?

Evolution des mentalités au début de l’épidémie

coronavirus

Mépris envers les Chinois

Dès son apparition, le coronavirus a fait ressortir tous nos instincts primaires les plus sombres. Les premières informations que les scientifiques ont révélées concernaient pourtant la dangerosité de la maladie. Le coronavirus est très contagieux, il se propage rapidement dans la population mais il est aussi mortel. Les personnes âgées et celles présentant des défaillances du système immunitaire peuvent en mourir.

On aurait donc pu s’attendre à de la compassion vis à vis de la population chinoise. Tout comme en Europe, les personnes âgées y sont de plus en plus nombreuses. Il n’en fut rien. Les chinois ainsi que tous les asiatiques ont du faire face à un mépris généralisé. Ces bouffeurs de chauve-souris allaient foutre en l’air le système économique mondial. La xénophobie sera d’abord créée par deux documents pourtant rapidement identifiés comme des fake news.

Le premier est une vidéo où on voit une chinoise manger une soupe de chauve-souris. Le second est une autre vidéo d’un marché. On trouve y également des chauve-souris mais aussi tout type d’animaux peu ragoûtants qu’on peut acheter pour sa consommation. En réalité, la vidéo de chauve-souris était vieille de trois ans. Pour couronner le tout, elle provient du Palaos d’où cette soupe est une spécialité, et pas du tout de Wuhan où la maladie est apparue. La seconde vidéo elle, montre un marché de l’île des Célèbes en Indonésie.  Elle n’a donc absolument aucun rapport avec la Chine !

Qu’importe, le mal était fait. Un peu partout dans le monde, les chinois étaient régulièrement la cible d’insultes et d’agressions en tout genre. Une page Wikipedia recense même les différents actes de racisme dont ils sont victimes dans chaque pays.

Le mépris atteindra d’autres sommets quand les préconisations chinoises pour traiter la maladie, seront jugées suspicieuses parce que chinoises. Les études chinoises sont pourtant les seules menées rigoureusement par les meilleurs experts du monde dans leurs domaines. Nous y reviendrons.

Nos chères vacances

L’une des premières préoccupations importantes à noter quand le COVID-19 est apparu, est l’impact qu’il aurait sur l’économie mondiale. Tout d’abord nous avons commencé à nous soucier pour nos si précieuses vacances en Asie. Par la faute de ces Chinois, on allait peut être devoir les annuler ou les reporter. Les chiffres annonçant le nombre de contaminés et de morts avaient beau continuer de grimper en flèche, nos préoccupations étaient ailleurs. Tout cela se passait bien trop loin de nos frontières. Rien ne devait venir perturber nos petits conforts habituels et pas une once de compassion pour les malades et les morts chinois. Nous oubliions juste au passage que c’était l’usine de la planète entière qui était en train de prendre feu.

Mais nous seront vites ramenés à la réalité. La maladie gagnant du terrain, les craintes se sont étendues à toute l’économie mondiale. Qu’allions nous faire si la Chine et tout le sud-est asiatique était tout d’un coup paralysé ? Notre petit confort allait en prendre un sacré coup si ces bons ouvriers chinois ne pouvaient plus nous alimenter de leurs produits…

Il n’en sera rien, les experts et les autorités chinoises, si peu crédibles à nos yeux, ont réussi à contenir le coronavirus. Mais ce n’était toujours pas le moment de revenir à plus de raison, et de reconnaitre aux chinois leur redoutable efficacité. « S’ils ont réussi, c’est parce qu’ils sont une dictature ! Les mesures mises en place par les autorités sont trop sévères voire inhumaines ! ».

Les théories du complot

carl nenzen - unsplash

Tous les événements d’importance qui se produisent dans le monde aujourd’hui, arrivent avec leur lot de théories du complot. Le coronavirus n’échappe pas à cette règle et dès son apparition, des suspicions ont tout de suite émergées sur les différentes thèses officielles. Loin de moi l’idée de vous décourager à vous interroger sur les informations que les médias de masse nous présentent. L’expérience nous a tous montré que les faits pouvaient être totalement travestis. Cependant, il faut veiller à ne pas verser dans l’excès inverse, ce qui fini par décrédibiliser toute critique constructive.

Dans le cas du COVID-19, d’importants soupçons sur la dangerosité réelle du virus ont vite émergés. Tout ceci ne serait encore qu’un stratagème pour effrayer la population et détourner son regard de ses vrais problèmes. La réforme de retraite en France, était la candidate idéale pour être couverte par ce nouvel écran de fumée.

Ensuite le coronavirus chinois ne serait qu’une bonne vieille grippe, un peu méchante certes, mais elle ne ferait pas plus de mort que la grippe saisonnière. Pourquoi alors s’inquiéter ? Après tout, aucun état ne met en place des plans d’urgence pour la grippe classique qui fait bien plus de morts !

Même si ces affirmations paraissent grotesque aujourd’hui, la perte totale de confiance dans nos propres institutions et les contre-vérités dont elles ont pu nous abreuver font que ces remises en cause ne sont pas totalement dénuées de sens. Mais reconnaissons quand même que créer une épidémie à l’autre bout du monde pour faire passer une reforme en France est quand même exagéré. Comme évoqué juste au dessus, il faut essayer de garder la tête froide dans de telles situations. Attelons-nous donc à déconstruire ces exemples qui circulent encore sur les réseaux sociaux.

Tout d’abord, le COVID-19 s’ajoute à toutes les autres formes maladies mortelles existantes. Prendre des mesures radicales pour la combattre ne peut être qu’une bonne chose. De plus, ce coronavirus est une maladie qui se propage rapidement et nous la connaissons à peine. Avons-nous vraiment besoin d’avoir plus de morts dues à des maladies infectieuses incontrôlées ?

De l’autre coté, la comparaison brute du nombre de décès entre une grippe classique et le coronavirus n’a pas beaucoup de sens. La grippe saisonnière touche massivement la population pour faire le nombre de morts qu’on dénombre chaque année. Concernant le COVID-19 nous sommes à peine au début de la pandémie et on observe déjà des morts par centaines voire par milliers à l’échelle mondiale. Le seul indicateur qui compte est le taux de létalité du virus, c’est à dire le nombre de décès lié à la maladie par rapport au nombre total de personnes atteintes. Et ce chiffre est très préoccupant. Il serait 10 fois supérieur à celui de la grippe saisonnière. Il y a donc bien des mesures à prendre !

Malheureusement, pour alimenter les théories du complot le gouvernement ne manque pas non plus de ressources. Le professeur Didier Raoult, infectiologue expert reconnu en matière de maladies transmissibles, a très vite mis en avant les effets de la Chloroquine contre le virus COVID-19. Il reprenait une étude chinoise qui préconisait l’utilisation de ce médicament à base de quinine, pour traiter la maladie. Le lynchage médiatique et les critiques dénuées de sens du gouvernement dont il a été victime n’ont pas aidé à clarifier le débat scientifique.

On reprochait principalement au professeur Raoult sa confiance en une étude chinoise (encore et toujours). Mais aussi le peu de recul qui existait sur l’utilisation de la quinine pour traiter le COVID-19. Il eut été préférable, si nécessaire, d’opposer d’autres réels experts au professeur Raoult. Au lieu de cela, pour peu, les médias aidés par le ministère de la santé le faisaient passer pour un charlatan.

Touchés mais pas concernés !

L’insistance des pouvoirs publics a fini par créer un soupçon d’éveil au sein de la population. Tout le monde se rend bien compte désormais qu’il se passe quelque chose. Mais le bon sens met décidément beaucoup de temps à prendre place.

Avec l’annonce de la fermeture des écoles, crèches et universités pour essayer de faire reculer la propagation de la maladie, le gouvernement français indiquaient également quelques mesures de santé publique à suivre. Elles concernaient la distanciation sociale à observer entre particuliers en évitant de se retrouver dans des endroits bondés et en limitant les sorties. Ces annonces n’ont eu que très peu d’effet. La population a continué à vaquer à ses occupations comme si de rien n’était, et il n’était pas question non plus de se réfréner dans ses loisirs.

On a même pu entendre des discours comme, « On a peur de rien nous », ou encore « Nous sommes de la vieille génération, il en faut plus pour nous inquiéter ». Mais qu’est ce que le courage peut bien avoir à voir avec le respect de règles de bases pour se protéger soi-même et ne pas contaminer ses semblables ? Aurions-nous quelque chose à prouver par rapport à un virus ? Il s’en trouve même qui se sont mis à rouspéter parce qu’on leur demande de se laver les mains !

A leur décharge, le gouvernent lui même n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour que son message soit suffisamment pris au sérieux. Comment comprendre que les élections municipales n’aient pas été reportées dans un tel contexte ? La République n’aurait certainement pas été en péril et cela aurait conféré à la crise sanitaire, sa juste gravité. Mais à quoi nous ont mené les manquements des uns et des autres ? Un report du deuxième tour des élections municipales et une cascade d’autres mesures plus restrictives pour aboutir à un confinement total. Vraisemblablement, il fallait recadrer les grands enfants que nous sommes. Malheureusement, les limites de l’absurdité n’étaient toujours pas atteintes.

Le papier-toilette une ressource stratégique !

Avant même la deuxième vague de mesures annoncées par le gouvernement, les magasins commençaient déjà à se trouver dévalisés. Les gens s’étaient mis à se constituer des stocks de produits qu’ils ne savent pas cuisiner pour parer à une éventuelle pénurie. Pourtant aucune restriction ne touchait les magasins, et il serait toujours possible de s’approvisionner comme avant le début de l’épidémie.

Mais encore une fois les premiers réflexes de notre société malade d’elle-même sont rarement les bons. Deux produits vont nettement se démarquer. Les pâtes et… le papier toilette. Pour sa survie en cas de grave crise sanitaire l’homme en 2020 pense prioritairement à se constituer des réserves de pâtes et de papier toilette. Notre espèce a définitivement de quoi faire de la peine. Les mesures prises par les plus « avancés » d’entre nous ne laissent guère présager un avenir meilleur.

Aux Etats-Unis, cette course à l’approvisionnement se transformera même en une course aux armements. Au sens propre. De longues files d’attentes se sont constituées devant les armureries. Après tout, si la crise sanitaire devait perdurer, il faudra peut être attaquer son voisin pour lui voler ses papiers toilettes ou défendre son stock de pâte avec son arsenal de guerre.

Il n’y a plus de doute à avoir, notre société va mal et le coronavirus n’est pas le pire mal dont nous souffrons.

Pour un meilleur vivre ensemble

La pandémie du coronavirus a amené plusieurs pays dans le monde à prendre des mesures radicales. Les populations se retrouvent confinées un peu partout sur la planète. Les degrés sont différents d’un pays à un autre mais on note un net recul des activités dans tous les cas. Exception faite des professionnels de santé, des policiers et d’autres corps de métiers, nous avons tous l’impression de vivre un dimanche sans fin. Cette situation nous offre donc une chance formidable pour sortir la tête du guidon et repenser nos vies.

Mais cela doit commencer par une réelle prise de conscience pour ne pas retomber dans les travers dans lesquels nos instincts nous poussent. Plusieurs personnes sont pris de panique à l’idée de voir leurs habitudes chamboulées et essayent à tout prix de les garder. Pourquoi courir après ce que le coronavirus nous enlève ? Des gens sont désespérés de laisser un travail qui les asservis. N’est-ce pas le moment de penser réellement à ce que nous voulons faire de notre monde ? De redéfinir nos modes de vies ? Ne serait-il pas temps de réfléchir à un autre modèle de société ?

Des parents sont effrayés à l’idée de rester à la maison avec leurs enfants ! On voit fleurir sur internet des méthodes et autres trucs et astuces pour parents en détresse. Des conseils pullulent sur la toile pour sauver les familles de l’ennui. Mais l’ennui n’est pas un problème en soi. L’ennui n’est autre que du temps de cerveau disponible. Il peut être source de créativité et peut-être la meilleure des activités dans cette situation. N’est-il pas temps d’apprendre à vivre et à profiter de nos proches ? Ne pouvons-nous pas enfin vivre des moments que nous passons notre existence à manquer à cause du travail, des activités et préoccupations diverses ?

Le coronavirus nous aura au moins déjà montré que notre rapport à nous-même et aux autres doit changer. La Chine a envoyé ses experts pour aider l’Italie et l’Espagne à combattre le coronavirus. Ces deux pays rencontrent les plus grandes peines à faire reculer la pandémie. Elle a aussi envoyé un million de masques à la France. Espérons que ces gestes de solidarité amènent à porter un regard plus bienveillant sur les asiatiques. D’autre part, depuis des années, les écologistes appellent désespérément à une décroissance. Aujourd’hui elle s’impose de fait à nous. Tous les indicateurs montrent que d’autres épisodes plus douloureux nous attendent. Pour éviter des tragédies plus graves encore, il est vraiment temps de prendre au sérieux le coup de semonce qu’est cette pandémie du coronavirus.

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